23-06-2004
L'effet de loupe joue sans doute un peu, mais une chose est sûre : on parle de plus en plus de l'accessibilité. Et quand je dis "on", je parle non pas de notre microcosme blogosphérique, mais bien d'un cercle plus élargi, celui des sites informatiques "grand public".
Cela tient sans doute au fait qu'un projet de loi sur "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" est actuellement en discussion auprès de nos sénateurs et députés. On voit donc fleurir ici et là des articles sur le sujet, des interviews, des dossiers chez le Journal du Net, Zdnet ou encore Neteconomie.
Premier écueil, les intervenants généralement interrogés sur le sujet sont surtout là pour vendre leur solution propriétaire (ne comptez pas sur moi pour leur faire de la pub). Plus que l'accès pour tous à l'info, ce qui les intéresse c'est que le plus de clients possibles aient accès à leur produit ! On passe bien souvent sous silence qu'aucune rustine coûteuse n'est nécessaire pour rendre un site accessible. Un simple tour chez Accès pour tous devrait vous en convaincre.
Deuxième écueil, dissocier le concept d'accessibilité des autres concepts promus par les standards du web (conception par blocs, validité du code, sémantique) est à mon avis terriblement dangereux. Si il est clair que ces domaines sont bien distincts, ils participent tous d'une même philosophie prônant un meilleur web. D'ailleurs, faut-il rappeler qu'il faut oublier les handicapés quand on parle d'accessibilité ? On a tout à perdre à laisser s'installer une accessibilité-rustine (comprenez reposant sur des solutions propriétaires). C'est à nous de fournir l'effort pour réussir à imposer les standards dans toutes leurs dimensions, sans quoi le défi de l'accessibilité se transformera en défaite pour les standards.