26-09-2006
J'ai enfin un peu de temps pour vous rendre compte de mes impressions sur l'événement majeur qui a animé le microcosme des standards du web : la première édition de Parisweb organisée de main de maître par Eric Daspet, Stéphane Deschamps et Adrien Leygues.
J'ai tout d'abord un regret, celui de n'avoir pu me libérer que pour la 2e journée, à savoir celle du vendredi. Néanmoins, j'ai ainsi eu l'occasion de suivre attentivement les présentations successives de Denis Chêne ("Design for all"), Rémy Birambeau (gestion de projets en milieu associatif), Daniel Glazman (historique d'HTML & CSS), François Nonnenmacher (le redesign de capgemini.com), Denis Boudreau (pour un développement web durable), Karl Dubost (introduction au web sémantique) et des intervenants de la table ronde technique.
J'aurai l'occasion dans les prochains jours de revenir sur chacune de ces présentations pour vous restituer ce que j'en ai retenu et prolonger la réflexion avec vous.
C'est sans réserve que je participe au cirage de pompes généralisé (et mérité !) des organisateurs de Parisweb 2006. C'est d'autant plus rafraîchissant que les 3 compères apportent du renouvellement par rapport aux "barons" des standards du web, preuve que quand on veut, on peut !
Désolé d'en remettre une couche pour les absents, mais c'était vraiment le pied ! L'organisation était réglée comme une horloge : accueil parfait, horaires respectés, enchaînements fluides, une vraie gageure pour une première édition.
Comme les organisateurs l'ont réclamé, voici les quelques points, en vrac, que l'on pourrait éventuellement améliorer pour la prochaine édition :
En attendant mes billets suivants concernant les conférences données à Parisweb, je vous recommande de jeter un oeil aux vidéos et aux photos de la conférence. Et vous, vous y étiez ?
04-09-2006
Pas un jour ne se passe sans que l'on ne parle de l'un des phénomènes estampillés "Web 2.0" du moment : Youtube. Son succès fulgurant fait réapparaître en creux 2 enjeux majeurs du web : le modèle économique et la légalité des contenus soumis par les utilisateurs.
Lancé en février 2005, Youtube permet aux internautes de mettre en ligne et de partager très facilement des contenus vidéo. Simplicité est sans doute le maître-mot de ce service qui a connu un succès quasi-immédiat. Jusque-là, les blagues et les images drôles étaient les reines du contenu que l'on se transmettait par e-mail. A cause de leur poids, de leur format plus ou moins exotiques, la diffusion des vidéos restait marginale.
Youtube a changé la donne en les hébergeant sur ses serveurs et en les diffusant au sein d'un player Flash maison. Coup de maître, en permettant de diffuser les vidéos sur son blog en copiant/collant un petit bout de code, Youtube a bénéficié de l'explosion des blogs sur la toile. Les chiffres sont édifiants : 100 millions de vidéos diffusées par jour, 60% du contenu vidéo disponible sur le web, valorisation possible du site jusqu'à 1 milliard de dollars... Les suiveurs ne se sont pas faits attendre : DailyMotion, Google Video, par exemple. D'autres services équivalents existaient avant Youtube, comme Metacafe, mais Youtube est le service qui semble avoir "pris" et caracole en tête des classements.
Les chiffres d'audience impressionnants s'accompagnent d'un autre, qui l'est tout autant. 1 million de dollars par mois. C'est ce qui partirait en fumée mensuellement pour payer le trafic généré; pas très étonnant car la vidéo est un média gourmand en bande passante.
Comme tous les sites web, Youtube doit faire face à une problématique de rentabilité. Sauf que dans son cas particulier, ce n'est pas le contenu du site qui coûte (puisque ce sont les utilisateurs qui le fournissent gratuitement !), mais l'infrastructure qui le soutient. Et ce n'est pas avec son modèle initial du "tout gratuit" que le site va survivre, ni en brûlant les capitaux injectés par les investisseurs.
Premières pistes explorées par Youtube : des "chaînes" sponsorisées, comme celle de la sulfureuse et indigente Paris Hilton (espérons au passage que cela fonctionnera mieux que son disque). En espérant que cette dose de publicité au milieu du contenu habituel ne fasse pas fuir les visiteurs... A moins que cette manoeuvre ne soit avant tout destinée à un but moins avouable encore : se présenter sous un meilleur jour auprès d'éventuels candidats au rachat.
Le paradoxe qui accompagne le développement phénoménal de Youtube est le fait que celui-ci repose en grande partie sur des contenus illégaux. Car le fond de catalogue de Youtube se décompose en 3 grandes catégories :
Ce sont essentiellement les contenus de la première catégorie qui posent problème, d'autant qu'ils sont majoritaires sur Youtube. Si les vidéos mises en ligne ne peuvent pas excéder 10 minutes, il n'en reste pas moins qu'elles violent manifestement les lois du copyright. Youtube et ses concurrents affichent tous la même posture : ils s'engagent à retirer a posteriori les contenus à la demande des ayants-droits. Drôle d'idée que l'on pourrait comparer à un marchand de contrefaçons qui ne retirerait ses faux sacs Louis Vuitton que quand la marque viendrait lui faire la remarque sur le stand de son marché...
Quelques diffuseurs ont bien fait valoir leurs droits pour faire retirer des extraits de leurs émissions de télévision, mais on peut encore estimer à 80% le taux de contenus illicites sur le site. Youtube doit ainsi faire face à un enjeu majeur du web 2.0 : le contrôle de la légalité du "user-generated content". A la merci de poursuites judiciaires, tel Napster à son apogée, Youtube pourrait ainsi être en sursis, servant de cobaye de la vidéo sur le net, en attendant que les grands groupes audiovisuels prennent leur virage radical sur Internet et prennent dans le même temps les mesures qui s'imposent... pour éliminer Youtube.